Bayon, le temple le plus connu de la ville antique d’Angkor Thom, fera l’objet d’une restauration approfondie à partir du 1er janvier 2020, date officielle de la fin de sa visite… du moins en partie.

Bayon en travaux pour une durée indéterminée.

Grâce à un financement du gouvernement du Japon pour la sauvegarde d’Angkor, le temple datant de la fin du XIIe siècle va être restauré en profondeur d’après les autorités Apsara, autorités des temples d’Angkor à partir de ce 1er janvier 2020. Aucune date de fin travaux n’a été annoncée d’ailleurs, ce qui laisse présager des travaux d’envergure pouvant durer peut être de 5 à 7 ans selon les échos mais personne ne sait vraiment finalement.

Il ne sera donc plus possible d’admirer de près les visages des géants car le troisième et dernier niveau sera fermé pendant les travaux. Cependant, les visiteurs pourront continuer à admirer les impressionnants bas-reliefs des deux niveaux inférieurs du temple, qui représentent des scènes mythologiques et historiques. Ces sculptures complexes représentent contes et légendes et feront que la visite de ce temple toujours possible.

Tout ceci est bien évidemment une très bonne nouvelle pour le préserver pour les générations futures mais pose surtout toute la question de la gestion globale du site finalement. Est-ce tout ce tourisme de masse, absolument voulu, est vraiment une bonne chose pour la conservation de cet héritage incroyable ?

Et le tourisme durable ?

Le schéma actuel est d’accueillir le maximum de monde et de devises pour faire marcher l’économie locale (ce qui est loin d’être vrai entre nous quand de larges groupes de touristes sont des touristes « zéro dollar », n’injectant aucun centime dans l’économie locale – ils coutent même plus cher qu’ils ne rapportent car il faut leur importer leur propre nourriture…). Enfin, l’idée même de tourisme responsable, solidaire, équitable n’est pas du tout une question à l’ordre du jour même si l’exemple de Bayon devrait plus que commencer à éveiller beaucoup d’inquiétudes.

Ce besoin absolu de viser le plus grand nombre de touristes uniquement par son approche quantitative n’est pas du tout durable.

Finalement, le tourisme de masse arrive à fin de souffle peut être… c’est tout le mal que je souhaite à Angkor. Depuis cette année, à cause des larges groupes se ruant dans les temples depuis 2 – 3 ans, la réputation du site n’est pas aussi bonne qu’il y a quelques années. Les professionnels du tourisme se plaignent car les sites sont anormalement calmes à cette période de l’année et franchement c’est tant mieux. Heureusement, beaucoup de professionnels se bougent pour améliorer la qualité de service, d’accueil, la propreté de la ville etc., penser aux futurs et non plus à court terme mais est-ce suffisant face à ce tourisme de masse destructeur ?

Pour les photographes

Enfin, ces travaux de restauration, bien qu’importants pour protéger la structure du temple contre les ravages des éléments ou des touristes, ont également servi, par le passé, à découvrir des objets enfouis et autres secrets sur la construction des temples donc qui sait les secrets encore gardés entre ces pierres. Pour nos amis photographes qui m’accompagnent ou qui veulent découvrir les sites par eux-mêmes, il est vrai de fait que Bayon, ce bijou pour les yeux et nos appareils photos ne sera pour nous, photographes, beaucoup moins attirant. J’ai même bien peur qu’il disparaisse de mes itinéraires « presque » complètements car hormis une ou deux photos depuis l’extérieur, sa beauté est… intérieure.

Finalement, ne soyons pas si tristes le parc d’Angkor cache tellement de secrets loin du tourisme de masse… et c’est surement pour moi aussi une façon de me remettre en cause. Longue vie à Bayon !

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